L’analyse des pratiques pour professionnaliser vos équipes

Photo d'un groupe d'analyse des pratiques professionnelles

Vous souhaitez mettre en place des groupes d’analyse des pratiques professionnelles (GAPP) pour professionnaliser et fidéliser vos auxiliaires de vie ?

Excellente décision.

Mais vous ne savez pas concrètement ce qu’est un GAPP, ce qu’il va apporter à vos équipes et surtout quel professionnel choisir pour garantir la qualité de ces ateliers ?

Cet article vous apporte toutes les réponses pour tout comprendre sur les ateliers d’analyses des pratiques professionnelles, choisir le bon profil d’intervenant et garantir l’efficacité de vos cycles d’ateliers.

GAPP et analyse des pratiques : de quoi parle-t-on exactement ?

Avant de choisir votre intervenant, clarifions ce qu’est réellement un groupe d’analyse des pratiques professionnelles.
 
Un GAPP est un dispositif collectif où des professionnel(les), comme par exemple des auxiliaires de vie, des éducateurs de jeunes enfants, des auxiliaires de puériculture, se retrouvent régulièrement pour examiner ensemble les situations professionnelles qu’ils/elles rencontrent au quotidien.
 
Concrètement, il s’agit de :
  • Partager une situation vécue : un(e) auxiliaire raconte une intervention difficile : refus de soins, famille conflictuelle, décès d’un bénéficiaire, etc.
  • L’analyser collectivement : le groupe questionne, échange et réfléchit ensemble à ce qui s’est passé
  • Identifier des pistes d’action : l’objectif n’est pas de juger ou de trouver LA solution miracle, mais de développer la réflexivité de chacun(e)
Attention : un GAPP n’est ni une réunion d’équipe classique, ni une formation théorique, ni un espace de défouloir.
 
C’est un lieu structuré d’apprentissage par les pairs, sous la conduite d’un(e) professionnel(le) formé(e).

L'analyse de pratiques se centre sur l'activité du professionnel en première personne.

La séance d’analyse des pratiques professionnelles favorise la représentation du vécu d’une situation singulière, sa verbalisation en « Je » et sa compréhension, afin de faire évoluer ses pratiques.
 
Avec l’aide du groupe, chaque participant tente de répondre de manière individuelle à la question : « Comment ai-je peut-être contribué à cette situation ? Comment puis-je agir différemment la prochaine fois ? »

Pourquoi mettre en place des GAPP dans votre structure ?

Les structures médico-sociales qui ont mis en place des ateliers réguliers d’analyse des pratiques observent :
 
  • Moins de turnover : les professionnel(le)s se sentent écouté(e)s et soutenu(e)s
  • Meilleure gestion des situations difficiles : les équipes développent leur capacité d’analyse et d’adaptation
  • Prévention de l’épuisement professionnel : un espace pour déposer les émotions liées aux situations complexes
  • Renforcement de la cohésion d’équipe : malgré l’isolement du métier, un collectif se construit
  • Amélioration de la qualité d’accompagnement : les pratiques évoluent grâce aux retours d’expérience
« Un GAPP bien animé, c'est un espace où les professionnel(le)s peuvent enfin déposer le poids des situations difficiles. C'est aussi l'un des leviers de fidélisation les plus puissants que j'ai observés dans les structures qui réussissent à garder leurs équipes. »

Idée reçue n°1 : Seul un psychologue peut animer un GAPP

Faux.
 
C’est probablement la confusion la plus répandue dans le secteur médico-social.
 
Certes, certains psychologues sont compétents pour animer des groupes d’analyse des pratiques. Mais leur formation initiale ne les y prépare pas automatiquement. Pourquoi ?
 
Parce qu’un GAPP n’est pas un groupe thérapeutique.
 
L’objectif n’est pas de soigner ou d’explorer l’inconscient des participant(e)s. Il s’agit d’examiner les pratiques professionnelles, de comprendre ce qui se joue dans les situations de travail, et d’élaborer des réponses adaptées.
 
Le risque avec un psychologue non formé à l’animation de GAPP :
 
  • Dériver vers une approche clinique plutôt que professionnelle
  • Centrer l’analyse sur la personne plutôt que sur la situation de travail
  • Créer une confusion entre soutien psychologique et analyse de pratiques
Ce qui compte vraiment : la formation spécifique à l’animation de groupes d’analyse des pratiques professionnelles, pas le diplôme d’origine.

Idée reçue n°2 : L'animateur doit être expert de l'aide à domicile

Pas nécessairement.
 
Vous pourriez penser qu’il faut absolument choisir un ancien coordinateur ou une ancienne auxiliaire de vie pour animer vos GAPP.
 
En réalité, cette expertise métier peut même devenir un frein.
 

Pourquoi trop d’expertise peut nuire ?

Lorsque l’animateur connaît très bien le secteur, plusieurs dérives peuvent survenir :
 
  • Il devient « celui qui sait » : les participant(e)s attendent des réponses toutes faites au lieu de réfléchir elles/eux-mêmes
  • Il partage ses propres expériences : « Moi, quand j’étais auxiliaire de vie, je faisais comme ça… » → l’analyse est court-circuitée
  • Il évalue les pratiques : conscient ou non, il compare ce que racontent les auxiliaires à ce qu’il faisait lui-même
  • Les solutions sont plaquées : au lieu d’accompagner chacune à trouver sa propre réponse adaptée à son contexte
Le rôle de l’intervenant n’est pas d’être un formateur qui transmet un savoir. C’est d’être un facilitateur qui aide le groupe à analyser collectivement les situations présentées.
 
L’intervenant doit évidemment comprendre le contexte des métiers pour lesquels il anime des ateliers. Mais ce qui prime, c’est sa capacité à poser les bonnes questions, pas à donner les bonnes réponses.

Critère éliminatoire : un responsable hiérarchique peut-il animer un GAPP ?

Absolument pas. C’est même la pire décision que vous pourriez prendre, quelle que soit la bienveillance de votre responsable.
 

Pourquoi le lien hiérarchique tue l’analyse des pratiques ?

Un GAPP repose sur un principe fondamental : la sécurité psychologique. Les professionnel(le)s doivent pouvoir parler librement de :
  • Leurs doutes et questionnements
  • Leurs erreurs et leurs limites
  • Leurs désaccords avec certaines consignes
  • Leurs difficultés relationnelles (y compris avec l’encadrement)
Or, lorsque leur manager direct anime le groupe, cette liberté de parole devient impossible. Même avec toute la bienveillance du monde, le responsable de secteur représente :
  • L’évaluation professionnelle annuelle
  • Le pouvoir de décision sur les plannings
  • L’autorité qui peut sanctionner
  • La personne qui peut juger leurs compétences
Résultat : les participant(e)s se censurent, édulcorent les situations, cherchent à présenter une image professionnelle irréprochable. Le GAPP perd totalement son efficacité.
 
L’intervenant doit impérativement être extérieur à la hiérarchie de la structure.

Les 5 critères pour choisir le bon intervenant en GAPP

Alors, concrètement, quel profil rechercher pour animer vos groupes d’analyse des pratiques professionnelles ? Voici les critères essentiels.

Critère 1 : Une formation spécifique à l'animation de GAPP

C’est LE critère non négociable. Demandez systématiquement :
 
  • Quelle formation l’intervenant(e) a-t-il suivie ?
  • Auprès de quel organisme ? 
  • Quelle méthodologie maîtrise-t-il/elle ? (GEASE, entretien d’explicitation, approche narrative, etc.)
  • Combien de GAPP a-t-il/elle déjà animés ?
Attention aux profils autodidactes ou aux personnes qui ont simplement « participé à des groupes d’analyse » sans formation à l’animation.

Critère 2 : La posture de facilitateur (et non d'expert)

Observez comment l’intervenant(e) se présente et parle de son rôle :
  • S’il/elle vous dit « Je vais apporter mon expertise du secteur » → mauvais signe
  • S’il/elle vous dit « Je vais accompagner vos équipes à analyser leurs situations » → bon signe
  • S’il/elle vous parle de ses années d’expérience comme argument principal → mauvais signe
  • S’il/elle vous parle de cadre, de méthodologie, de questionnement → bon signe
Un(e) bon(ne) intervenant(e) de GAPP ne se positionne jamais comme celui ou celle qui détient les solutions.

Critère 3 : La maîtrise du cadre et des règles

L’intervenant(e) doit être capable de vous expliquer clairement :
 
  • Comment il/elle pose le cadre dès la première séance (confidentialité, non-jugement, respect de la parole)
  • Comment il/elle structure une séance type (durée, phases, rôles)
  • Comment il/elle gère les situations difficiles (émotions fortes, conflits, résistances)
  • Comment il/elle garantit la sécurité psychologique du groupe
Un(e) intervenant(e) qui reste vague sur ces aspects n’est pas suffisamment formé(e).

Critère 4 : L'indépendance vis-à-vis de votre structure

Comme nous l’avons vu, l’intervenant(e) ne doit avoir aucun lien hiérarchique avec les participant(e)s. Mais il faut aller plus loin :
  • Idéalement, il/elle n’a aucun autre rôle dans votre structure (ni formateur, ni recruteur)
  • Il/elle garantit la confidentialité totale : rien de ce qui se dit en GAPP ne remonte à la direction (sauf signalement grave type maltraitance)
  • Il/elle n’a aucun intérêt à « bien se faire voir » de la direction
Cette neutralité est garante de la confiance du groupe.

Critère 5 : Une compréhension du contexte général

Sans être expert du secteur (nous avons vu que c’est inutile voire contre-productif), l’intervenant(e) doit néanmoins :
  • Comprendre les spécificités et le contexte des métiers et des professionnel(le)s qui participent au GAPP 
  • Connaître le cadre réglementaire de base (déontologie, secret professionnel, etc.)
  • Saisir les enjeux propres à votre structure.
Pourquoi ? Pour poser des questions pertinentes et éviter les incompréhensions qui ralentiraient le groupe.

Profils d'intervenant(e)s compatibles avec l'animation de GAPP

Une fois ces critères en tête, quels profils professionnels peuvent animer vos groupes d’analyse des pratiques ?
 
Profils souvent rencontrés :
 
  • Consultant(e)s spécialisé(e)s en analyse des pratiques : formé(e)s spécifiquement, c’est leur cœur de métier
  • Formateurs et formatrices du secteur médico-social ayant suivi une formation complémentaire à l’animation de GAPP
  • Coachs professionnel(le)s formé(e)s à l’animation de groupes et à l’analyse des pratiques
  • Psychologues ayant une formation spécifique à l’APP (et non en thérapie de groupe)
Ce qui importe, ce n’est pas le parcours initial, mais la formation à l’animation de GAPP et la posture adoptée.

Comment choisir le bon intervenant pour vos GAPP ?

Lorsque vous souhaitez mettre en place des groupes d’analyse des pratiques professionnelles dans votre structure, vérifiez que l’intervenant :
 
  1. A suivi une formation spécifique à l’animation de GAPP (et pas seulement une formation générale à l’animation de groupe)
  2. Maîtrise une méthodologie reconnue (entretien d’explicitation, GEASE, etc.)
  3. N’est pas en position hiérarchique vis-à-vis des participants
  4. Adopte une posture de facilitateur et non d’expert ou de formateur
  5. Garantit la confidentialité et la sécurité psychologique du groupe.

Les GAPP chez Vocation Auxiliaire

Formée au GRIEPS et au sein du cabinet d’Anne CHIMCHIRIAN, j’anime des groupes d’analyse des pratiques professionnelles en présentiel et en distanciel pour les structures d’aide à domicile, les crèches, les IME et autres structures médico-social et ESS.

Mon approche :

  • Formation : je suis formée à l’animation de GAPP par un organisme reconnu (formation initiale et formation continue)
  • Expérience terrain : j’anime depuis 2025, des cycles d’ateliers d’analyse des pratiques professionnelles au sein d’IME, de crèches et de structures d’aides à domicile. Je connais les réalités du secteur médico-social.
  • Posture de facilitation : je n’apporte pas de solutions toute faite mais j’accompagne vos équipes à trouver les leurs.
  • Cycles réguliers : je recommande un atelier tous les 2 à 3 mois pour une efficacité maximale
  • Financement OPCO : Vocation Auxiliaire est un organisme de formation déclaré à la DRIEETS. Mes GAPP sont éligibles aux financements OPCO, CNSA, Région…
Formats proposés :
  • Groupes de 4 à 10 professionnel(le)s.
  • Séances de 1h30 à 2h
  • Présentiel dans vos locaux ou en visioconférence
Avant de programmer un cycle d’atelier, je vous propose une séance d’essai (payante) à l’issue de laquelle je vous invite à interroger les participant(e)s sur leur ressenti.

FAQ — Questions fréquentes sur l'animation des GAPP

Combien de temps dure un atelier d'analyse des pratiques ?

Un atelier d’analyse des pratiques professionnelles dure généralement entre 1h30 et 2h. Cette durée permet d’analyser en profondeur une ou deux situations présentées par les participants, tout en respectant le rythme du groupe.

Nous recommandons un atelier tous les 2 à 3 mois. Cette régularité permet de créer une dynamique de groupe, d’installer la confiance et de mesurer l’évolution des pratiques dans le temps. Il n’est cependant pas nécessaire de conserver les mêmes participants à chaque fois. Il est tout à fait possible de faire tourner les participants au sein des groupes, tant que le cadre d’exercice de chaque participant est similaire (exemple : un GAPP entre auxiliaires de vie, un GAPP entre professionnel(le)s en IME).

Un groupe d’analyse des pratiques professionnelles fonctionne idéalement avec 4 à 10 participants. Au-delà de 10 personnes, les échanges peuvent devenir difficiles à animer et la parole ne circule pas suffisamment.

Oui, les ateliers d’analyse des pratiques professionnelles peuvent être financés par votre OPCO dans le cadre du plan de développement des compétences. Vocation Auxiliaire est un organisme de formation et, à ce titre, vous accompagne dans les démarches de financement.

Vous souhaitez être contacté pour organiser un GAPP ?

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