Quels sont les différents types de maltraitance envers les personnes âgées ?

Une personne âgée sourit

Comprendre les types de maltraitance personnes âgées est essentiel pour mieux protéger les personnes vulnérables.

Selon la loi du 7 février 2022, la maltraitance englobe tout geste, parole, action ou absence d’action qui compromet les droits, la santé ou le bien-être d’une personne dans une relation de confiance.

Les auxiliaires de vie, les aidants et les professionnel du secteur jouent un rôle déterminant dans l’identification et la prévention de ces situations.

Cet article détaille les dix formes principales de maltraitance et les signes à savoir repérer pour alerter.

Pour lutter contre la maltraitance des personnes âgées, un seul mot d’ordre : vigilance au quotidien.

Qu'est-ce que la maltraitance envers les personnes âgées ?

La maltraitance d’une personne en situation de vulnérabilité se définit par tout acte ou omission susceptible de porter atteinte à sa santé, sa dignité ou ses droits fondamentaux. Elle peut être : 
  • Ponctuelle ou durable : un incident isolé ou une situation installée
  • Intentionnelle ou involontaire : volonté de nuire ou conséquence de l’épuisement, du manque de formation
  • Individuelle, collective ou institutionnelle : provenant d’une personne, d’un groupe ou de dysfonctionnements organisationnels
La maltraitance intervient toujours dans un contexte de dépendance, de soin ou d’accompagnement, ce qui rend la personne âgée particulièrement vulnérable.
 
Découvrez notre entretien avec Delphine Dupré-Lévêque, docteure en anthropologie et spécialiste des questions liées au vieillissement.
 

Les 10 formes de maltraitance à connaître

1. La maltraitance physique

La maltraitance physique inclut tout acte de violence corporelle portant atteinte à l’intégrité physique de la personne.

Cela peut se traduire par exemple par : 

Violences corporelles directes

  • Coups, gifles, bousculades
  • Gestes impulsifs ou « punitions » inadmissibles
  • Contraintes physiques injustifiées

Manipulations inadaptées

Les mauvaises manipulations correspondent à des gestes non adaptés lors des transferts, levées ou déplacements : bras tordu, mouvements brusques, aide inappropriée causant douleur ou blessures. Ces pratiques surviennent souvent par manque de formation

Contention abusive

L’utilisation de contentions (attacher, enfermer, limiter les mouvements) sans prescription médicale constitue une maltraitance physique grave.

👀 La maltraitance physique, les signes à surveiller :
 
  • Ecchymoses, plaies, fractures inexpliquées
  • Lésions aux poignets ou chevilles
  • Réticence à être touché(e)
  • Douleurs lors des soins

2. La maltraitance psychologique : une violence invisible

La maltraitance psychologique consiste en paroles, actes ou attitudes qui diminuent l’estime de soi et génèrent de la souffrance émotionnelle

Formes courantes de maltraitance psychologique.

Insultes et intimidation : traiter la personne de « bon à rien », hausser le ton, menacer de sanctions (« si tu déranges, tu restes seule »)
 
Harcèlement et humiliation : reproches constants sur les incapacités, remarques sur l’incontinence devant d’autres personnes
 
Infantilisation : choisir à la place de la personne (vêtements, repas, activités), utiliser un ton enfantin (« voilà la soupe pour la petite mamie »), ne pas respecter ses opinions
 
Isolement et mise à l’écart : ne pas inviter aux repas familiaux, restreindre les contacts sociaux, empêcher l’accès au téléphone ou au courrier
 
Chantage affectif : influencer par la peur de perdre l’affection, imposer des décisions sans justification
👀  La maltraitance psychologique des personnes âgées, les signes à surveiller :
 
  • Repli sur soi, anxiété, méfiance
  • Dépression, agressivité inhabituelle
  • Troubles du sommeil, perte d’appétit
  • Confusion accrue

3.La maltraitance financière : l'exploitation des ressources

La maltraitance financière concerne l’exploitation des biens ou de l’argent de la personne âgée sans son consentement.

Principales manifestations de maltraitance financière

Vol et fraude : disparition d’espèces, de bijoux, usage non autorisé de cartes bancaires ou chéquiers

Procuration abusive : utilisation frauduleuse d’une procuration pour détourner de l’argent ou effectuer des achats injustifiés
 

Privation de ressources : empêcher l’accès au compte bancaire, soustraire la pension ou les aides sociales, refuser de compléter les besoins matériels (vêtements, alimentation)

Dégradation des biens : abîmer ou négliger volontairement les effets personnels pour humilier ou obtenir un avantage

👀 Maltraitance financière des personnes âgées, les signes à surveiller :

  • Retraits d’argent inexpliqués
  • Disparition d’objets personnels
  • Factures impayées soudaines
  • Changements dans les habitudes financières

4. La maltraitance médicale : entre privation et excès de soins

La maltraitance médicale renvoie à tout acte ou omission dans le domaine des soins qui nuit à la santé de la personne vulnérable

Les formes principales de maltraitance médicale

Excès de médicaments : surprescription de psychotropes ou sédatifs pour « calmer », exposant aux risques de chutes, confusion, dépendance

Privation de traitements : retrait ou oubli de médicaments essentiels mettant la vie en danger

Refus ou retard de soins : rendez-vous médicaux reportés sans raison, examens de dépistage non réalisés, soins élémentaires négligés

Refus d’analgésiques : ne pas apporter les traitements contre la douleur sous prétexte de procédure

 
👀 Maltraitance médicale des personnes âgées, les signes à surveiller :
 
  • Problèmes de santé non résolus
  • Mauvaise gestion des médicaments
  • Rendez-vous médicaux manqués
  • Dégradation inexpliquée de l’état de santé

5. La maltraitance civique : une atteinte aux droits fondamentaux

La maltraitance civique porte atteinte à la participation de la personne âgée à la vie en société et à l’exercice de ses droits élémentaires.

Les restrictions des libertés qui sont des maltraitances civiques

  • Limitation des contacts : empêcher les visites, les sorties, manipuler les liens familiaux
  • Tutelle abusive : détournement d’une mesure de protection juridique pour isoler la personne ou contrôler ses décision
  • Privation du droit de vote : empêcher d’exercer sa citoyenneté et de participer aux scrutins
  • Restriction d’accès aux activités : interdire la participation à la vie sociale, culturelle ou associative
 
👀 Maltraitance civique des personnes âgées, les signes à surveiller :
 
  • Isolement, perte d’estime de soi
  • Sentiment d’inutilité
  • Détresse morale profonde

6. La maltraitance organisationnelle : des dysfonctionnements institutionnels

La maltraitance organisationnelle résulte de mauvaises pratiques collectives ou de l’absence de soins adaptés en établissement ou à domicile.

Exemples de pratiques institutionnelles considérées comme maltraitantes

  • Soins inadaptés ou insuffisants : repas trop rapides, incomplets ou non équilibrés, absence d’activités sociales
  • Gestes brusques et non expliqués : transferts, soins corporels effectués sans délicatesse ni prévenance
  • Protection systématique par gain de temps : mettre systématiquement une protection plutôt que d’accompagner la personne aux toilettes, favorisant la perte d’autonomie
  • Faire à la place pour aller plus vite : supprimer la participation de la personne à sa propre vie quotidienne

Quelles sont les causes principales de la maltraitance institutionnelle ?

  • Manque de personnel formé
  • Temps d’intervention trop courts
  • Organisation centrée sur la productivité
  • Absence de formation continue à la bientraitance

7. Les négligences actives

Les négligences constituent également une forme de maltraitance, qu’elles soient volontaires ou non.

La négligence active est volontaire et inclut le refus délibéré de répondre aux besoins fondamentaux.
Elle comprend :
  • Refus d’aider à manger, se laver, se déplacer
  • Privation volontaire d’alimentation, d’hydratation
  • Abandon intentionnel
  • Refus de soin ou de surveillance
     

Conséquences : dénutrition, infections, accidents, souffrance psychologique intense, perte de chance parfois irréversible

 
 

8. Les négligences passives

La négligence passive résulte d’un manque de compétences, d’informations ou de moyens. Il n’y a pas d’intention de nuire.

Elle se traduit par :
  • Oubli d’apporter un verre d’eau, de l’aide à la marche
  • Non-signalement d’une douleur
  • Défaut de mise à disposition de ressources existantes (aides sociales, matériel adapté)

Origines : ignorance, manque de formation, épuisement professionnel

9. La maltraitance sexuelle : une réalité à ne pas taire

La maltraitance sexuelle correspond à toute atteinte au corps ou à l’intimité sans consentement, dans un contexte de domination ou d’abus de pouvoir.

Formes principales de maltraitance sexuelle chez les personnes âgées

  • Attouchements, gestes déplacés, intrusions dans la chambre ou la salle de bain sans demander la permission
     
  • Exhibition, photographie, enregistrement,
  • Actes de pénétration imposés par la force, contrainte ou menace

Cette forme de maltraitance reste souvent taboue mais nécessite une protection absolue et un signalement immédiat.

10.La maltraitance numérique

La maltraitance numérique est une forme récente de maltraitance financière et psychologique qui exploite les outils numériques pour cibler les personnes âgées vulnérables.

Il s’agit d’escroqueries en ligne qui visent particulièrement les seniors isolés, en quête de lien social, en jouant sur la manipulation affective et l’emprise émotionnelle.

Mécanismes principaux de maltraitance numérique

1. Création de liens affectifs
  • Faux profils sur réseaux sociaux ou sites de rencontre
  • Installation progressive d’une relation de confiance (amitié, amour)
  • Demandes d’argent, de partage d’informations sensibles ou de signatures de documents
  • Emprise émotionnelle qui empêche la victime de voir les signaux d’alerte
2. Exploitation de la vulnérabilité
  • Cible : personnes isolées, endeuillées, en manque d’attention
  • Diminution du discernement due à la solitude ou au besoin de reconnaissance
  • Peur du jugement qui empêche de demander conseil aux proches

Quelques exemples concrets d'arnaques numériques

Arnaque au faux petit-fils
  • Appel ou message urgent d’un prétendu membre de la famille, Prétexte : accident, imprévu, détresse, Demande immédiate d’argent en jouant sur l’urgence
Arnaques sentimentales
  • Relation en ligne avec un faux profil (ex : affaire « Brad Pitt »), Scénarios dramatiques inventés (maladie, besoin de déplacement), Transferts réguliers jusqu’à endettement massif
Fausses œuvres caritatives
  • Sollicitations pour dons ou investissements, Exploitation de la générosité et du désir d’utilité sociale, Sommes perdues sans retour

📌 Certains signaux peuvent présumer d’une situation de maltraitance. Apprenez à les reconnaître.

Témoin d'une situation de maltraitance envers une personne âgée : quelle attitude adopter ?

Étape 1 : Observer et documenter

Si vous êtes témoin ou si vous soupçonnez une situation de maltraitance envers une personne âgée :
  • Observez attentivement les signes physiques et comportementaux
  • Notez de manière précise et objective : date, heure, nature des observations
  • Conservez ces documents pour les professionnels de santé ou autorités

Étape 2 : Alerter les bons interlocuteurs

  • Informez les proches si la situation le permet
  • Alertez un médecin ou votre référent hiérarchique
  • Pour les cas graves : contactez le 3133, ligne dédiée au signalement des maltraitances envers les personnes âgées et en situation de handicap (du lundi au vendredi, 9h-19h, service gratuit)
     

Étape 3 : Promouvoir la bientraitance au quotidien

  • Établir une relation de confiance : écouter, respecter, donner un espace d’expression
  • Encourager l’autonomie : adapter les aides, offrir des choix, valoriser les capacités
  • Se former régulièrement : connaître les besoins des personnes âgées, actualiser ses pratiques
  • Soutien entre professionnels : ne pas rester isolé face aux situations complexes

Questions fréquentes : la maltraitance envers les personnes âgées, comment la repérer et comment agir ?

Quelle est la définition de la maltraitance envers les personnes âgées ?

Selon la loi du 7 février 2022, il y a maltraitance lorsqu’un geste, une parole, une action ou un défaut d’action compromet les droits, les besoins fondamentaux ou la santé d’une personne vulnérable, dans une relation de confiance ou d’accompagnement.

La négligence passive résulte d’un manque de compétences ou de moyens, sans intention de nuire. La négligence active est un refus délibéré et volontaire de répondre aux besoins de la personne.

-Ecchymoses, plaies, fractures inexpliquées, lésions aux poignets ou chevilles, perte de poids soudaine, douleurs lors des soins, réticence à être touché.

-Isolement, perte d’estime de soi, sentiment d’inutilité, détresse morale profonde

-Repli sur soi, anxiété, méfiance, dépression, agressivité inhabituelle, troubles du sommeil, perte d’appéti, confusion accrue

Documentez vos observations (date, heure, faits), alertez un professionnel de santé ou votre hiérarchie. En cas de danger immédiat, contactez le 3133, la famille, le personnel soignant, ne restez pas seul(e) avec vos doutes et n’attendez pas.

Pour aller plus loin ...

Nous avons regroupé toutes les informations à connaître pour lutter contre les maltraitances envers les personnes âgées dans un parcours de 26 vidéos courtes et pédagogiques.

Avec ce parcours complet, réalisé par une experte de l’accompagnement des personnes âgées, vous serez capable de :

  • Comprendre ce qu’est la maltraitance et quels en sont les enjeux, notamment pour les personnes âgées à domicile.
  • Repérer les différents types de maltraitance
  • Savoir identifier les signaux d’alerte face à un cas de maltraitance pour agir avant qu’il ne soit trop tard.
  • Connaître les postures et comportements à adapter pour accompagner avec bientraitance les personnes âgées à domicile.

Pour vous, en accès illimité pendant 12 mois :  

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L’analyse des pratiques pour professionnaliser vos équipes

Photo d'un groupe d'analyse des pratiques professionnelles

Vous souhaitez mettre en place des groupes d’analyse des pratiques professionnelles (GAPP) pour professionnaliser et fidéliser vos auxiliaires de vie ?

Excellente décision.

Mais vous ne savez pas concrètement ce qu’est un GAPP, ce qu’il va apporter à vos équipes et surtout quel professionnel choisir pour garantir la qualité de ces ateliers ?

Cet article vous apporte toutes les réponses pour tout comprendre sur les ateliers d’analyses des pratiques professionnelles, choisir le bon profil d’intervenant et garantir l’efficacité de vos cycles d’ateliers.

GAPP et analyse des pratiques : de quoi parle-t-on exactement ?

Avant de choisir votre intervenant, clarifions ce qu’est réellement un groupe d’analyse des pratiques professionnelles.
 
Un GAPP est un dispositif collectif où des professionnel(les), comme par exemple des auxiliaires de vie, des éducateurs de jeunes enfants, des auxiliaires de puériculture, se retrouvent régulièrement pour examiner ensemble les situations professionnelles qu’ils/elles rencontrent au quotidien.
 
Concrètement, il s’agit de :
  • Partager une situation vécue : un(e) auxiliaire raconte une intervention difficile : refus de soins, famille conflictuelle, décès d’un bénéficiaire, etc.
  • L’analyser collectivement : le groupe questionne, échange et réfléchit ensemble à ce qui s’est passé
  • Identifier des pistes d’action : l’objectif n’est pas de juger ou de trouver LA solution miracle, mais de développer la réflexivité de chacun(e)
Attention : un GAPP n’est ni une réunion d’équipe classique, ni une formation théorique, ni un espace de défouloir.
 
C’est un lieu structuré d’apprentissage par les pairs, sous la conduite d’un(e) professionnel(le) formé(e).

L'analyse de pratiques se centre sur l'activité du professionnel en première personne.

La séance d’analyse des pratiques professionnelles favorise la représentation du vécu d’une situation singulière, sa verbalisation en « Je » et sa compréhension, afin de faire évoluer ses pratiques.
 
Avec l’aide du groupe, chaque participant tente de répondre de manière individuelle à la question : « Comment ai-je peut-être contribué à cette situation ? Comment puis-je agir différemment la prochaine fois ? »

Pourquoi mettre en place des GAPP dans votre structure ?

Les structures médico-sociales qui ont mis en place des ateliers réguliers d’analyse des pratiques observent :
 
  • Moins de turnover : les professionnel(le)s se sentent écouté(e)s et soutenu(e)s
  • Meilleure gestion des situations difficiles : les équipes développent leur capacité d’analyse et d’adaptation
  • Prévention de l’épuisement professionnel : un espace pour déposer les émotions liées aux situations complexes
  • Renforcement de la cohésion d’équipe : malgré l’isolement du métier, un collectif se construit
  • Amélioration de la qualité d’accompagnement : les pratiques évoluent grâce aux retours d’expérience
« Un GAPP bien animé, c'est un espace où les professionnel(le)s peuvent enfin déposer le poids des situations difficiles. C'est aussi l'un des leviers de fidélisation les plus puissants que j'ai observés dans les structures qui réussissent à garder leurs équipes. »

Idée reçue n°1 : Seul un psychologue peut animer un GAPP

Faux.
 
C’est probablement la confusion la plus répandue dans le secteur médico-social.
 
Certes, certains psychologues sont compétents pour animer des groupes d’analyse des pratiques. Mais leur formation initiale ne les y prépare pas automatiquement. Pourquoi ?
 
Parce qu’un GAPP n’est pas un groupe thérapeutique.
 
L’objectif n’est pas de soigner ou d’explorer l’inconscient des participant(e)s. Il s’agit d’examiner les pratiques professionnelles, de comprendre ce qui se joue dans les situations de travail, et d’élaborer des réponses adaptées.
 
Le risque avec un psychologue non formé à l’animation de GAPP :
 
  • Dériver vers une approche clinique plutôt que professionnelle
  • Centrer l’analyse sur la personne plutôt que sur la situation de travail
  • Créer une confusion entre soutien psychologique et analyse de pratiques
Ce qui compte vraiment : la formation spécifique à l’animation de groupes d’analyse des pratiques professionnelles, pas le diplôme d’origine.

Idée reçue n°2 : L'animateur doit être expert de l'aide à domicile

Pas nécessairement.
 
Vous pourriez penser qu’il faut absolument choisir un ancien coordinateur ou une ancienne auxiliaire de vie pour animer vos GAPP.
 
En réalité, cette expertise métier peut même devenir un frein.
 

Pourquoi trop d’expertise peut nuire ?

Lorsque l’animateur connaît très bien le secteur, plusieurs dérives peuvent survenir :
 
  • Il devient « celui qui sait » : les participant(e)s attendent des réponses toutes faites au lieu de réfléchir elles/eux-mêmes
  • Il partage ses propres expériences : « Moi, quand j’étais auxiliaire de vie, je faisais comme ça… » → l’analyse est court-circuitée
  • Il évalue les pratiques : conscient ou non, il compare ce que racontent les auxiliaires à ce qu’il faisait lui-même
  • Les solutions sont plaquées : au lieu d’accompagner chacune à trouver sa propre réponse adaptée à son contexte
Le rôle de l’intervenant n’est pas d’être un formateur qui transmet un savoir. C’est d’être un facilitateur qui aide le groupe à analyser collectivement les situations présentées.
 
L’intervenant doit évidemment comprendre le contexte des métiers pour lesquels il anime des ateliers. Mais ce qui prime, c’est sa capacité à poser les bonnes questions, pas à donner les bonnes réponses.

Critère éliminatoire : un responsable hiérarchique peut-il animer un GAPP ?

Absolument pas. C’est même la pire décision que vous pourriez prendre, quelle que soit la bienveillance de votre responsable.
 

Pourquoi le lien hiérarchique tue l’analyse des pratiques ?

Un GAPP repose sur un principe fondamental : la sécurité psychologique. Les professionnel(le)s doivent pouvoir parler librement de :
  • Leurs doutes et questionnements
  • Leurs erreurs et leurs limites
  • Leurs désaccords avec certaines consignes
  • Leurs difficultés relationnelles (y compris avec l’encadrement)
Or, lorsque leur manager direct anime le groupe, cette liberté de parole devient impossible. Même avec toute la bienveillance du monde, le responsable de secteur représente :
  • L’évaluation professionnelle annuelle
  • Le pouvoir de décision sur les plannings
  • L’autorité qui peut sanctionner
  • La personne qui peut juger leurs compétences
Résultat : les participant(e)s se censurent, édulcorent les situations, cherchent à présenter une image professionnelle irréprochable. Le GAPP perd totalement son efficacité.
 
L’intervenant doit impérativement être extérieur à la hiérarchie de la structure.

Les 5 critères pour choisir le bon intervenant en GAPP

Alors, concrètement, quel profil rechercher pour animer vos groupes d’analyse des pratiques professionnelles ? Voici les critères essentiels.

Critère 1 : Une formation spécifique à l'animation de GAPP

C’est LE critère non négociable. Demandez systématiquement :
 
  • Quelle formation l’intervenant(e) a-t-il suivie ?
  • Auprès de quel organisme ? 
  • Quelle méthodologie maîtrise-t-il/elle ? (GEASE, entretien d’explicitation, approche narrative, etc.)
  • Combien de GAPP a-t-il/elle déjà animés ?
Attention aux profils autodidactes ou aux personnes qui ont simplement « participé à des groupes d’analyse » sans formation à l’animation.

Critère 2 : La posture de facilitateur (et non d'expert)

Observez comment l’intervenant(e) se présente et parle de son rôle :
  • S’il/elle vous dit « Je vais apporter mon expertise du secteur » → mauvais signe
  • S’il/elle vous dit « Je vais accompagner vos équipes à analyser leurs situations » → bon signe
  • S’il/elle vous parle de ses années d’expérience comme argument principal → mauvais signe
  • S’il/elle vous parle de cadre, de méthodologie, de questionnement → bon signe
Un(e) bon(ne) intervenant(e) de GAPP ne se positionne jamais comme celui ou celle qui détient les solutions.

Critère 3 : La maîtrise du cadre et des règles

L’intervenant(e) doit être capable de vous expliquer clairement :
 
  • Comment il/elle pose le cadre dès la première séance (confidentialité, non-jugement, respect de la parole)
  • Comment il/elle structure une séance type (durée, phases, rôles)
  • Comment il/elle gère les situations difficiles (émotions fortes, conflits, résistances)
  • Comment il/elle garantit la sécurité psychologique du groupe
Un(e) intervenant(e) qui reste vague sur ces aspects n’est pas suffisamment formé(e).

Critère 4 : L'indépendance vis-à-vis de votre structure

Comme nous l’avons vu, l’intervenant(e) ne doit avoir aucun lien hiérarchique avec les participant(e)s. Mais il faut aller plus loin :
  • Idéalement, il/elle n’a aucun autre rôle dans votre structure (ni formateur, ni recruteur)
  • Il/elle garantit la confidentialité totale : rien de ce qui se dit en GAPP ne remonte à la direction (sauf signalement grave type maltraitance)
  • Il/elle n’a aucun intérêt à « bien se faire voir » de la direction
Cette neutralité est garante de la confiance du groupe.

Critère 5 : Une compréhension du contexte général

Sans être expert du secteur (nous avons vu que c’est inutile voire contre-productif), l’intervenant(e) doit néanmoins :
  • Comprendre les spécificités et le contexte des métiers et des professionnel(le)s qui participent au GAPP 
  • Connaître le cadre réglementaire de base (déontologie, secret professionnel, etc.)
  • Saisir les enjeux propres à votre structure.
Pourquoi ? Pour poser des questions pertinentes et éviter les incompréhensions qui ralentiraient le groupe.

Profils d'intervenant(e)s compatibles avec l'animation de GAPP

Une fois ces critères en tête, quels profils professionnels peuvent animer vos groupes d’analyse des pratiques ?
 
Profils souvent rencontrés :
 
  • Consultant(e)s spécialisé(e)s en analyse des pratiques : formé(e)s spécifiquement, c’est leur cœur de métier
  • Formateurs et formatrices du secteur médico-social ayant suivi une formation complémentaire à l’animation de GAPP
  • Coachs professionnel(le)s formé(e)s à l’animation de groupes et à l’analyse des pratiques
  • Psychologues ayant une formation spécifique à l’APP (et non en thérapie de groupe)
Ce qui importe, ce n’est pas le parcours initial, mais la formation à l’animation de GAPP et la posture adoptée.

Comment choisir le bon intervenant pour vos GAPP ?

Lorsque vous souhaitez mettre en place des groupes d’analyse des pratiques professionnelles dans votre structure, vérifiez que l’intervenant :
 
  1. A suivi une formation spécifique à l’animation de GAPP (et pas seulement une formation générale à l’animation de groupe)
  2. Maîtrise une méthodologie reconnue (entretien d’explicitation, GEASE, etc.)
  3. N’est pas en position hiérarchique vis-à-vis des participants
  4. Adopte une posture de facilitateur et non d’expert ou de formateur
  5. Garantit la confidentialité et la sécurité psychologique du groupe.

Les GAPP chez Vocation Auxiliaire

Formée au GRIEPS et au sein du cabinet d’Anne CHIMCHIRIAN, j’anime des groupes d’analyse des pratiques professionnelles en présentiel et en distanciel pour les structures d’aide à domicile, les crèches, les IME et autres structures médico-social et ESS.

Mon approche :

  • Formation : je suis formée à l’animation de GAPP par un organisme reconnu (formation initiale et formation continue)
  • Expérience terrain : j’anime depuis 2025, des cycles d’ateliers d’analyse des pratiques professionnelles au sein d’IME, de crèches et de structures d’aides à domicile. Je connais les réalités du secteur médico-social.
  • Posture de facilitation : je n’apporte pas de solutions toute faite mais j’accompagne vos équipes à trouver les leurs.
  • Cycles réguliers : je recommande un atelier tous les 2 à 3 mois pour une efficacité maximale
  • Financement OPCO : Vocation Auxiliaire est un organisme de formation déclaré à la DRIEETS. Mes GAPP sont éligibles aux financements OPCO, CNSA, Région…
Formats proposés :
  • Groupes de 4 à 10 professionnel(le)s.
  • Séances de 1h30 à 2h
  • Présentiel dans vos locaux ou en visioconférence
Avant de programmer un cycle d’atelier, je vous propose une séance d’essai (payante) à l’issue de laquelle je vous invite à interroger les participant(e)s sur leur ressenti.

FAQ — Questions fréquentes sur l'animation des GAPP

Combien de temps dure un atelier d'analyse des pratiques ?

Un atelier d’analyse des pratiques professionnelles dure généralement entre 1h30 et 2h. Cette durée permet d’analyser en profondeur une ou deux situations présentées par les participants, tout en respectant le rythme du groupe.

Nous recommandons un atelier tous les 2 à 3 mois. Cette régularité permet de créer une dynamique de groupe, d’installer la confiance et de mesurer l’évolution des pratiques dans le temps. Il n’est cependant pas nécessaire de conserver les mêmes participants à chaque fois. Il est tout à fait possible de faire tourner les participants au sein des groupes, tant que le cadre d’exercice de chaque participant est similaire (exemple : un GAPP entre auxiliaires de vie, un GAPP entre professionnel(le)s en IME).

Un groupe d’analyse des pratiques professionnelles fonctionne idéalement avec 4 à 10 participants. Au-delà de 10 personnes, les échanges peuvent devenir difficiles à animer et la parole ne circule pas suffisamment.

Oui, les ateliers d’analyse des pratiques professionnelles peuvent être financés par votre OPCO dans le cadre du plan de développement des compétences. Vocation Auxiliaire est un organisme de formation et, à ce titre, vous accompagne dans les démarches de financement.

Vous souhaitez être contacté pour organiser un GAPP ?

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