En France, 80 % des auxiliaires de vie ne disposent pas de local dédié pour leur pause repas.
Conséquences ? Les auxiliaires déjeunent dans leur voiture ou dans les transports en commun. Souvent des repas froids, pas ou peu équilibrés.
Une étude nationale menée par le Collectif National La Force Invisible et Vocation Auxiliaire en décembre 2025 révèle l’ampleur des difficultés alimentaires rencontrées par ces professionnel(le)s du maintien à domicile.
Avec 402 répondants (90 % de femmes, 64 % âgées de 41 à 60 ans), ce sondage met en lumière des conditions de travail qui compromettent leur santé et leur bien-être au quotidien.
Des pauses repas insuffisantes ou inexistantes
Pour celles et ceux qui en bénéficient, 42 % disposent de 20 minutes à 1 heure, et seulement 36 % ont plus d’une heure.
- 65 % des auxiliaires à temps plein mangent dans leur voiture ou dans les transports en commun
- 42 % rentrent chez elles pour déjeuner, perdant ainsi un temps précieux
- 14 % ont accès à un local, mais celui-ci est éloigné de plus de 5 minutes de leur lieu d’intervention
Une alimentation déséquilibrée aux conséquences multiples
- 59 % des répondant(e)s sautent occasionnellement ou régulièrement des repas
- 37 % sautent régulièrement des repas
- 43 % ne prennent que 2 repas par jour
- 12 % ne prennent qu’un seul repas par jour
Des repas peu variés et trop sucrés
Pendant les journées de travail, les auxiliaires de vie consomment principalement :
– 67 % apportent un sandwich maison ou un plat maison froid/à réchauffer
– 37 % consomment des sandwiches ou plats industriels
– 8 % ne prennent rien du tout à déjeuner
Quelles solutions pour améliorer l'alimentation des auxiliaires de vie ?
Étape 1 : Aménager des espaces de pause
- Des locaux équipés (réfrigérateur, micro-ondes, table et chaises)
- Des espaces à proximité des secteurs d’intervention
- Un temps de pause réel, inscrit et respecté dans les plannings
Étape 2 : Proposer des solutions pratiques
Plusieurs dispositifs peuvent être mis en place :
- Tickets restaurant : seulement 14 % des auxiliaires interrogé(e)s en bénéficient actuellement.
- Partenariats avec des restaurants locaux pour des repas à emporter
- Organisation de formations sur la préparation de repas rapides et équilibrés
- Mise à disposition de recettes adaptées aux contraintes horaires
Étape 3 : Sensibiliser sur les risques de la malnutrition
Les employeurs ont un rôle à jouer dans la prévention :
- Informer sur les conséquences de la dénutrition (fatigue, baisse immunitaire, troubles de la concentration)
- Promouvoir l’importance du petit-déjeuner et des repas réguliers
- Organiser des ateliers sur l’équilibre alimentaire, par exemple avec une nutritionniste diététicienne comme Annie-Pierre PINEAU.
Étape 4 : Adapter les plannings
- Intégrer systématiquement une pause repas d’au moins 45 minutes
- Limiter les coupures trop longues qui obligent à rentrer chez soi ou trop courtes qui ne permettent pas de déjeuner.
- Privilégier la continuité des interventions sur un même secteur
FAQ : Alimentation et santé des auxiliaires de vie
Pourquoi l'alimentation des auxiliaires de vie est-elle si importante ?
Une alimentation équilibrée permet de maintenir l’énergie nécessaire aux tâches physiques du métier, de prévenir l’épuisement professionnel, les accidents du travail et permet de garantir une meilleure qualité d’accompagnement auprès des bénéficiaires. La bonne santé physique et mentale des auxiliaires de vie est primordiale.
Quelles sont les conséquences d'une mauvaise alimentation pour les professionnel(le)s de l'aide à domicile ?
Sauter des repas régulièrement entraîne fatigue chronique, troubles de la concentration, baisse de l’immunité et risques accrus de burn-out. À long terme, cela peut conduire à des arrêts maladie et augmenter le turnover dans les structures.
Les structures qui emploient des auxiliaires de vie ont-elles une obligation légale concernant les pauses repas ?
Oui. Le Code du travail impose une pause d’au moins 20 minutes consécutives dès que le temps de travail atteint 6 heures. Cependant, cette pause n’est pas nécessairement rémunérée selon les conventions collectives.
Comment les auxiliaires de vie peuvent-elles améliorer leur alimentation malgré les contraintes liées à leur travail au quotidien?
Privilégier la préparation de repas à l’avance (batch cooking le week-end), opter pour des lunchbox isothermes, emporter des fruits secs et oléagineux comme collations saines, et communiquer avec leur employeur sur leurs besoins en matière de pauses.
Source utilisée : Synthèse_Étude_Alimentation_2025.pdf — Sondage réalisé par le Collectif National La Force Invisible Des Aides à Domicile et Vocation Auxiliaire — Décembre 2025 — Étude quantitative (402 répondants)